vendredi 22 février 2008

La fête des lanternes 元宵節


Autrefois, les célébrations du nouvel an chinois se poursuivaient sans discontinuer jusqu’à la fête des lanternes, appelée aussi le petit nouvel an. Celle-ci comprend bien sûr un souper familial (auquel nous avons participé, si si) mais aussi des festivités publiques organisées dans tout le pays, qui sont parfois des plus surprenantes. Les rues sont cette année décorées de lanternes représentant des souris dans un mariage (c’est l’année du rat et une légende très connue soutient que les souris se marient au nouvel an :)), des concours de devinettes sont organisés à la télévision et les enfants se promènent avec des petites "lanternes-dragons".
A Tainan, dans le sud, les gens revêtent une combinaison spéciale et un casque de protection avant de faire exploser des milliers de pétards latéraux qui sont censés détruire la mauvaise fortune (ca ressemble à un bombardement de la deuxième guerre mondiale).

Quant à nous, on a eu l'occasion de participer à l’activité la plus magique de toutes : le lancer de lanternes volantes. Il faut d’abord se rendre dans un endroit très reculé du nord de Taiwan, choisir une couleur de lanterne, la décorer de vœux (en chinois svp), ensuite enflammer sa base, attendre qu'elle se gonfle, et …elle s’envole ! C’est très joli quand beaucoup de gens envoient leur lanterne au même moment.
Certains malchanceux voient cependant leur lanterne prendre feu ou se rabattre sur le sol, détruisant en un instant tous les espoirs et les voeux qu'ils avaient formulé de leur plus belle calligraphie. (mais non hein, on peut toujours aller en acheter une deuxième..., nous on en a envoyé trois qui ont toutes disparu très haut dans le firmament étoilé-par les autres lanternes)

Le lendemain, on était invités dans une famille taïwanaise pour le repas traditionnel avec pas moins d’une vingtaine d’invités. Au menu, beaucoup de questions dont celles de yeye et nainai, les grands-parents qui ne parlent que taiwanais (et japonais et un peu chinois) et la soupe traditionnelle aux boules de riz gluant.

mercredi 20 février 2008

Nouvel an chinois et Chun Lian

Le nouvel an chinois, la principale fête traditionnelle chinoise, pendant laquelle tout le monde retourne dans son village d’origine, tombait cette année le 7 février (au moment où nous étions en Thailande), ce qui ne nous a pas empêchés de participer comme il se doit à la préparation de la fête. (heureusement, les taïwanais, pour qui la neige est un phénomène pratiquement paranormal, n’ont pas eu à subir les intempéries dont a été victime la Chine).

Les temples sont alors en effervescence, les familles décorent leur maison en rouge, qui porte chance, et on accroche partout des chun lian autour des encadrements de portes.

Les chun lian sont des bandes de papier (rouges, évidemment) sur lesquels sont inscrites au pinceau des expressions traditionnelles qui garantissent le bonheur de la famille pour l’année suivante. On peut aussi coller des caractères qui signifient « rempli » sur les boîtes de riz pour favoriser l’abondance de la nourriture pour l’année qui vient.

Les paresseux achètent des Chun Lian tous prêts (ce que j’avais d’abord fait) mais les « vrais » les calligraphient eux-mêmes. Après avoir accroché mes Chun lian commerciaux, j’apprends que notre centre de langue organise un atelier de calligraphie. Toute motivée je m’amène avec un pinceau énorme pour décorer mes bouts de papier. Pour commencer, on nous explique l’origine et l’utilisation des Chun Lian, ainsi que la manière de les coller (catastrophe j’avais fait n’importe quoi, il fallait d’abord coller le chun lian de gauche!).
Ensuite l’atelier commence sans autre forme de procès (en fait il n’y avait que des japonais, qui sont des spécialistes de la calligraphie évidemment), j’ai failli pleurer quand j’ai vu mon résultat à côté du leur, mais bon vous ne verrez pas la différence, et maintenant notre porte est décorée dans le bon sens suivant la tradition.

A la cueillette des fraises


Plein hiver, trois semaines de pluie non-stop et voilà que c’est la saison des fraises à Taiwan. Tout taïwanais(e) qui se respecte va donc à la cueillette des fraises dans le comté de Miaoli, une région qui semble vivre uniquement du commerce fraisier. Les gens portent des chapeaux « fraise », tiennent des ballons « fraise », et mangent tout ce qui peut s’imaginer « à la fraise », et comme l’imagination des taïwanais est parfois sans bornes, on y mange de la saucisse à la fraise, du poisson à la fraise et moi j’ai eu droit à du gratin à la fraise.

La cueillette des fraises commence par un petit alcool de fraise offert par le propriétaire sans dents (un petit vin à 50 degrés à 10 heures du matin, ça aide à voir la vie en fraise) et puis le groupe se divise entre ceux qui veut cueillir et ceux qui vont photographier (leurs amis qui cueillent).

A la fin de la cueillette, on paye sa récolte au poids. Par conséquent, le principal plaisir consiste à manger le plus de fraises en cachette avant la pesée (sans s’intoxiquer avec les insecticides abondamment dispersés sur les champs, mais qui, comme indiqué par les taïwanais, ne partent de toutes façons pas au lavage).